L'UICN recommande d’inscrire au Patrimoine mondial des habitats clés pour la conservation des espèces

L'organisme consultatif sur le patrimoine naturel UICN, Union internationale pour la conservation de la nature, recommande le statut de Patrimoine mondial pour trois sites proposés pour leur valeur naturelle exceptionnelle. L'UICN recommande également de répertorier les Aires protégées du Cerrado au Brésil sur la Liste en péril et de lutter contre les menaces affectant des biens existants, y compris le Parc national de Doñana et les Sundarbans. Ces conseils sont inclus dans un premier ensemble de rapports pour le Comité du patrimoine mondial, publiés aujourd'hui, avec un deuxième lot de rapports prévu pour le 2 juin.

Photo: IUCN / Chimed Ochir Bazarsad

Qinghai Hoh Xil, China - Tibetan wild yak

Trois sites de biodiversité recommandés pour l'inscription

Dans ses évaluations publiées aujourd'hui, l'UICN recommande d’approuver les propositions d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial pour deux zones naturelles, ainsi qu'une extension d'un site existant. Ces recommandations seront présentées en juillet au Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO, qui décidera quels sites inscrire lors de sa session annuelle à Cracovie.

Les propositions que l’UICN recommande pour l'inscription comprennent des habitats essentiels pour des espèces emblématiques et menacées.

Couvrant une vaste superficie de 3,7 millions d'hectares dans le plus grand, plus haut et plus jeune plateau du monde, le Qinghai Hoh Xil de Chine abrite de nombreuses espèces endémiques - des animaux et des plantes qui ne se trouvent nulle part ailleurs sur Terre. Il soutient le cycle de vie des antilopes tibétaines, qui accouchent dans ce site après une longue migration.

Le Parc national Los Alerces d'Argentine protège parmi les dernières zones intactes de la forêt patagonienne, dans une écorégion identifiée comme une priorité mondiale pour la conservation de la nature. Il héberge la deuxième plus ancienne espèce d'arbres sur Terre - l' « alerce » de ou cyprès de Patagonie. Le plus ancien arbre du site est un alerce de 2’600 ans et 60 mètres de haut.

Un complexe de quatre aires protégées au Bénin et au Burkina Faso est proposé pour une extension de 1,5 million d’hectares au Parc national W du Niger, classé au patrimoine mondial depuis 1996. La zone est un refuge pour une faune qui a soit disparu, soit est très menacée ailleurs en Afrique de l'Ouest, comme les guépards et les lions. S’il est approuvé, le site agrandi sera renommé Complexe W-Arly-Pendjari.

L'UICN a évalué au total dix dossiers de propositions d’inscription ou d’extension et trois demandes de modifications mineures des limites, pour la 41e session du Comité du patrimoine mondial qui aura lieu à Cracovie en Pologne du 2 au 12 juillet. Parmi ces évaluations, huit ont été publiées aujourd'hui, une a été retirée par l'État partie, et le reste sera publié le 2 juin.

Voir toutes les évaluations de propositions d'inscription ici

Menacés : des sites hébergeant de rares espèces

Les rapports du Comité du patrimoine mondial publiés aujourd'hui comprennent également les recommandations de l'UICN sur les mesures nécessaires pour lutter contre les menaces affectant les zones naturelles emblématiques du monde. Au total, 55 sites naturels du Patrimoine mondial ont été suivis par l'UICN cette année, en collaboration avec le Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Il est recommandé d’inscrire les Aires protégées du Cerrado : Parcs nationaux Chapada dos Veadeiros et Emas, au Brésil, sur la Liste du patrimoine mondial en péril, en raison d’un manque de cadre et de protection législatifs. Situé dans l'un des écosystèmes tropicaux les plus anciens et les plus diversifiés au monde, le site abrite des espèces rares, y compris le perroquet à face jaune, le fourmilier géant et l'armadillo géant.

Trente-quatre rapports de suivi contenant les recommandations de l'UICN sont maintenant disponibles en ligne, et 22 autres seront publiés le 2 juin. Parmi les sites naturels du Patrimoine mondial confrontés à des menaces figure le Parc national de Doñana en Espagne, une zone humide cruciale pour les espèces d'oiseaux migrateurs. Le site est menacé par une utilisation non durable de l'eau pour l'agriculture. Figure aussi les Sundarbans au Bangladesh qui, avec le Parc national des Sundarbans en Inde, abrite la plus grande population de tigres au monde. Ce bien est exposé à plusieurs menaces, y compris un projet de centrale électrique au charbon, une augmentation de la navigation et une baisse de l'afflux d'eau douce.

Malgré leur notoriété internationale, les sites naturels du Patrimoine mondial continuent de faire face à de sérieuses menaces, comme les changements climatiques, les activités industrielles et les conflits armés. À l'heure actuelle, 18 sites naturels sont classés comme étant en péril, sur les 238 classés pour leur valeur naturelle exceptionnelle.

Voir tous les rapports de suivi ici

Notes de l'éditeur
Créée en 1972, la Convention du patrimoine mondial protège 1 038 sites d'une importance culturelle et naturelle exceptionnelle. Environ un site sur cinq inscrits au Patrimoine mondial est naturel, y compris 197 classés comme naturels et 32 ​​classés comme « mixtes » - naturels et culturels.

En tant qu'organisme consultatif sur la nature de la Convention, l'UICN est responsable d’évaluer l'éligibilité des nouveaux sites proposés pour la liste du patrimoine mondial en raison de leurs critères naturels, ainsi que du suivi des sites naturels déjà classés qui sont affectés par des menaces. Les conseils de l'UICN seront discutés par le Comité du patrimoine mondial, qui prendra les décisions finales lors de sa session annuelle ayant lieu à Cracovie, en Pologne, du 2 au 12 juillet 2017.

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